Des travaux* de l'équipe d'Yves Le Conte et Luc Belzunces (Cédric Alaux,
Jean-Luc Brunet, Claudia Dussaubat, Fanny Mondet, Sylvie Tchemitchen,
Marianne Coucin, Julien Brilard, Aurélie Baldy) de l'INRA Avignon
démontrent pour la première fois que l'"interaction entre la
microsporidie Noséma et un néonocotinoïde (l'imidaclopride) affaibli
significativement les abeilles."
"A court terme, la combinaison des 2 agents a causé des taux de mortalité
individuels supérieurs." Ainsi, dans cette expérimentation, "les
abeilles qui étaient à la fois infectée par Nosema et exposées à
l'imidaclopride à des concentrations rencontrées dans l'environnement
présentent un taux de mortalité supérieur ainsi qu'une augmentation de
la consommation de sucres", exprimant un "stress energétique" par
rapport à un groupe témoin ou exposé à un des deux facteurs.
En outre , l'exposition à ces deux facteurs est à l'origine d'une
réduction significative de la GOX (glucose oxydase), engendrant une
diminution de la production d'antiseptiques notamment pour
l'alimentation larvaire ou le miel.
Ainsi, l'interaction Nosema-Imidacloprise, n'est pas seulement responsable
d'une augmentation du taux de mortalité, mais également d'un
affaiblissement de la colonie.
En conclusion, ces travaux sont en faveur d'une potentialisation de Noséma
par l'imidaclopride (ou l'inverse... !), ce qui a tendance à confirmer
les risques d'une intoxication chronique ainsi que le caractère
opportuniste de Nosema.
* Cédric Alaux, Jean-Luc Brunet,
Claudia Dussaubat, Fanny Mondet, Sylvie Tchemitchen, Marianne Coucin,
Julien Brilard, Aurélie Baldy, Luc Belzunces, Yves Le Conte -
Environmental microbiology (2009)- 10.1111/j.1462-2920.2009.02123 -
Interactions between Nosema microspores and a neonicotinoid weaken
honeybees (Apis mellifera)
Rédigé par Nicolas Vidal-Naquet le mardi 19 janvier 2010 à 09h13 dans Abeilles et pesticides



